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  • nathaliesixjesus

Nos secrets trop bien gardés de Lara Prescott

Dernière mise à jour : 8 mars 2021

Pourquoi un livre nous plaît ?

Vous êtes-vous déjà posé la question ?



En parcours d'achat, on appelle cela la fonction d'estime. Quand un livre vous appelle, est-ce la couverture qui vous fait de l'œil ou la quatrième ? Êtes-vous sensible au thème ou ouvrez-vous la première page pour humer le style ? Plutôt du genre à faire confiance à une amie, à votre libraire, un journaliste, un blogueur ou une blogueuse ?

Personnellement, je fais souvent confiance à mon instinct, j'ouvre les premières pages de dizaines d'ouvrages en quête d'un trésor. J'attache une grande importance au début d'un livre. Je me laisse aussi porter par les phrases piquées au hasard et bien sûr je me laisse aussi séduire par des thématiques.


Lara Prescott avait tout pour me happer

Sur ce point, Lara Prescott avait tout pour me happer : un roman dont la trame s'enroule autour du Docteur Jivago de Boris Pasternak? Banco !

J'ai une forte propension à réveiller l'âme russe qui sommeille en moi et le film de David Lean avec Omar Sharif et Julie Christie a imprimé une marque indélébile avec un goût pour la littérature russe. Lara Prescott a suscité ma convoitise avec cette double tragédie qui se joue aux États-Unis et en URSS.

Autour du chef d’œuvre de Boris Pasternak, Le Docteur Jivago, se joue une double tragédie : ce roman qui n'est pas encore terminé suscite déjà les convoitises. D'un côté Olga Ivinskaïa, la muse et agent de Pasternak, est envoyée au goulag pour faire pression sur son amant, grand écrivain national intouchable ; à l'autre bout du monde, à Washington, une jeune femme d'origine russe, Irina, est recrutée comme sténodactylo au sein de l'Agence. Jamais l'acronyme CIA n'est écrit…, ni prononcé, mais il s'agit bien là d'une des affaires les plus littéraires et longtemps tenue secrète menée par la Central Intelligence Agency. Irina est formée par Sally, issue de l'OSS durant la Seconde Guerre mondiale, sublime rousse au physique de Rita Hayworth.


Ces 3 femmes n'en savent-elles pas trop ?

Dans ce roman inspiré d’un fait réel, comment la CIA a distribué un livre interdit dans le bloc de l'Est, l’Américaine Lara Prescott exhume ces femmes sacrifiées dans la clandestinité sur l'autel de la Liberté ; des espionnes que leur hiérarchie masculine déguise en secrétaires pour mieux les contrôler et les rabaisser.

L'époque post-Seconde-Guerre mondiale est extrêmement machiste. Nous sommes en plein Maccarthysme et l'ambiance dans les bureaux de l'Agence ressemble à s'y méprendre à celle de la série Madmen. Le soir, en revanche, lorsque les agents se croisent au bar d'hôtel, ou se retrouvent chez eux, nous sommes en plein John le Carré. Il ne s'agit plus de taper à la machine des rapports certes ultra confidentiels, mais de transmettre des lettres sans se faire prendre, de récupérer des colis, de faire parler des hommes en prenant un verre de whisky ou d'amadouer un suspect.


Une aventure féministe audacieuse en pleine guerre froide

C'est là que ce roman, inspiré de la véritable tentative de la CIA d’introduire clandestinement le chef-d’œuvre censuré de Pasternak au-delà du rideau de fer, prend les allures d'une aventure féministe audacieuse en pleine guerre froide. Les protagonistes sont convaincus qu’un livre a le pouvoir de changer le monde.


Un John Le Carré féministe, à la fois idéaliste et glamour, absolument inoubliable



Nos secrets si bien gardés de Lara Prescott, Robert Laffont, 540 p., 22 euros.

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